Géostratégie
Il ne faudrait pas perdre de vue que la coopération dans le domaine sécuritaire n’est pas encore à la hauteur des attentes algériennes.
Une délégation du Pentagone est attendue à Alger aujourd’hui, alors qu’une réunion des chefs d’état-major des forces aériennes des 5+5 se tient depuis hier dans la capitale. La visite des militaires américains s’inscrit dans l’objectif de convaincre leurs vis-à-vis algériens de la nécessité de la création d’Africom d’autant que des divergences ont apparu entre Alger et Washington sur l’installation de bases militaires US en Algérie. Au-delà de la question de la souveraineté, les autorités algériennes voient d’un mauvais œil la mise en place d’Africom d’autant que les mécanismes de coopération antiterroriste, auxquels les forces de l’ANP ont déjà pris part, existent et fonctionnent comme il se doit.
Ainsi, la polémique autour des bases militaires a quelque peu tendu l’atmosphère entre les deux pays. La bavure de l’ambassadeur US au lendemain des attentats du 11 avril contre le Palais du gouvernement a d’autant plus aggravé les choses au point où les Algériens ont rappelé au chargé d’affaires de la représentation diplomatique US les exigences de la lutte contre le terrorisme international que l’ambassadeur venait d’ignorer.
Aujourd’hui, place est au dialogue en vue de lever les incompréhensions et régler les différends. L’expertise algérienne en matière de lutte contre la violence islamiste est toujours demandée. Si la prise de conscience internationale contre ce phénomène dévastateur a quand même permis de freiner l’extension des réseaux terroristes, il ne faudrait pas perdre de vue que la coopération dans le domaine sécuritaire n’est pas encore à la hauteur des attentes algériennes.
Forts de leurs expériences, les Algériens ont besoin davantage de formation même si l’aspect logistique revêt également une importance particulière. Mais dans l’équation géostratégique, les Américains ne veulent surtout pas perdre complètement pied dans un pays où la Russie a vendu pour plus de 7 milliards de dollars en armement.
Salim Tamani

