Le mal de lAfrique

A 84 ans, Robert Mugabe ne veut pas perdre le pouvoir au Zimbabwe. Aprs 21 ans de rgne, lhomme saccroche son sige, mettant en pril la cohsion du pays. Pourtant, Mugabe nest pas un exemple en matire de gestion : il a attis le racisme contre les Blancs et a plong le Zimbabwe dans une grave crise conomique avec un taux dinflation de 4500% et une population au bord de la famine. Avant lui, Mwai Kibaki a march sur le corps de jeunes Knyans pour garder la prsidence du pays. Le sang a coul au prix dun rveil provoqu de la haine tribale.

Modle de stabilit, le Kenya a failli sinstaller dans la guerre civile cause de lobsession dun homme, un seul, vouloir rester cote que cote au pouvoir. Par son attitude goste, Mugabe, ex-rebelle communiste qui a libr le pays du colonialisme, est en train de pousser le Zimbabwe dans un tunnel. Cette maladive politique de la terre brle fait que plusieurs dirigeants africains, de simples dictateurs en fait, croient avoir un droit divin sur les pays quils tentent de grer.

Si ce nest pas eux, ce sont leurs familles. Des dynasties qui accaparent les richesses et qui tranglent tout espoir de voir le continent avancer. LAfrique du Nord est la seule rgion du continent o il nexiste presque pas de dmocratie. Hosni Moubarak, 80 ans, Mouamar El Kadhafi, 66 ans, Zine El Abidine Ben Ali,72 ans, Abdelaziz Bouteflika, 71 ans, et Mohammed VI, 45 ans, cumulent eux seuls 105 ans de pouvoir sans partage ! Le guide libyen dtient dsormais le second record du monde du rgne le plus long : 39 ans. Il vient juste aprs Omar Bongo qui dirige le Gabon depuis 42 ans.

Si lon ajoute la volont du prsident camerounais Paul Biya, 75 ans, de revoir la Constitution pour rester au pouvoir aprs avoir dirig le pays pendant 26 ans, il y a de quoi sinquiter sur cette rgression gnrale. On est dj loin de lexemple du Sngalais Lopold Sdar Senghor qui a dmissionn de son poste de prsident, de celui de Nelson Mandela qui na assur quun seul mandat en Afrique du Sud ou de celui de Abdou Diouf qui a accept sa dfaite face Abdoulay Wade au Sngal. Rcemment encore, le prsident du Botswana, Festus Mogae, a quitt ses fonctions au bout de dix ans de mandat. Mais les bons exemples sont moins nombreux que les mauvais.

Si les perspectives davenir sont brouilles pour lAfrique, cest cause de labsence de liberts dmocratiques et de la faiblesse du contrle populaire sur laction des pouvoirs. Les maladies et la famine ne sont pas une fatalit. Il est vrai que des intrts colossaux hors continent veulent maintenir lAfrique, qui reprsente 15% de la population mondiale, dans un tat dinfriorit.

Des dirigeants incomptents, faisant fleurir les champs de la corruption, sont le principal frein au dveloppement de lAfrique. Le comit ad hoc de la Nouvelle initiative africaine (Nepad), qui se runit aujourdhui Dakar, ne sera crdible et ne sera pris au srieux que sil pose une fois pour toutes la question de lalternance dmocratique et pacifique au pouvoir. Autrement, le Nepad ne sera quun instrument damusement pour des chefs dEtat oisifs !

Faycal Metaoui

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